Thomas Demey - #PETROLEUM
Envisager l'œuvre de Thomas Demey, c'est aller à la rencontre d'une intimité esthétique radicale et subtile à la fois, où le visible et l'invisible s'invitent au travers de chacune des entités picturales.
Pour sa nouvelle série, #PETROLEUM, l'artiste s'appuie sur la cohérence sérielle de ces créations précédentes pour nous dévoiler un univers chromatique plus vaste, plus complexe, où l'abstraction formelle joue avec nos sens.
La couleur est à la fois jeu et enjeu dans la composition, affirmée et révélée par des procédés techniques élaborés, presque maîtrisés.
Cela se traduit par des lavis grands formats qui nous invitent à prolonger notre regard vers un horizon quasi cosmique. Des camaieux de vert et de bleu qui nous précipitent dans une proximité de lecture, monochromes aux identités plus abruptes, par la superposition de coulures plus ou moins délavées ou définies qui contribuent à une sensation délicate de pluie presque acide.
Et si l'abstraction caractérise cette écriture formelle, découvrir cette autre recherche picturale faite de lignes verticales nous imposent à revoir cette affirmation. Par son processus, l'artiste nous invite à une confrontation nouvelle, où les lacunes de peinture laissent place à des forêts de bouleaux saisissant de réalisme.
Un univers pictural polymorphe, profond et vibrant.
Samuel Bernard.
———————————————————————————————————
Thomas Demey - Post-Ex-Dis-Sub
Ayant démarré sa démarche artistique par de la peinture figurative, Thomas Demey s’est par la suite centré sur l’abstraction et les champs d’application qu’elle ouvre.
Son travail alterne et cumule coulées de peinture, formes organiques arrondies et autres formes géométriques aux contours nettement définis. Ces formes ne sont présentent que pour affirmer leur autonomie.
L’ agencement de ces formes sur la toile se fait par couches superposées successives. L’accumulation et la superposition de ces couches de peinture confèrent à la toile une profondeur, un jeu de tensions et de vibrations. Cela contribue à créer un univers virtuel, très “graphique” comprenant en son sein des perturbations, des accidents.
Thomas Demey envisage sa peinture comme de la musique actuelle (scratch, samples, loop, remix) ; la toile serait alors une manière tout à fait neuve d’écrire la musique, une partition au vocabulaire réinventé où la note fait place à la couleur. À l'instar du jazz cher à Mondrian, cette référence à la musique inscrit son travail dans une culture pop faussement acidulée.
Il compose aussi avec les formats de ses toiles: tantôt format identique pour une série de toiles qui sont alors juxtaposables et en continuité les unes avec les autres, tantôt formats tous distincts où les formes sont isolées sur leur toile et où le dialogue ne s’établit que par l’accrochage des toiles.
Cette seconde formule permet un accrochage tout à fait modulable et qui dépasse le cadre et les limitations du format, fournissant ainsi un champ d’expérimentation nouveau.
Claude Lorent.
———————————————————————————————————-
Article: La Libre Belgique “La couleur comme processus”
”Thomas Demey poursuit ses associations de tableaux en enrichissant son langage formel et chromatique: il réussit l'équilibre de la disparité!”
Claude Lorent - Frédéric Desimpel.
———————————————————————————————— ——
Thomas Demey vit et travaille à Dunkerque, la ville qui l'a vu naître.
Artiste polyvalent, il s'est d'abord fait un nom (Marcus Vector) dans la sphère de la musique électronique.
Débutant sa carrière de DJ il y a 20 ans, la musique lui permet de voyager et de mixer dans les clubs et festivals les plus renommés du monde. Il s'exile quelques années à Bruxelles puis à Berlin avant de revenir à Dunkerque.
Son univers musical est inscrit dans sa personnalité et influence aujourd'hui sa manière d'aborder la toile. Les couleurs sont en sorte ses gammes et la toile sa partition. Travaillant par séries et se renouvelant continuellement, ses recherches sur le graphisme, la matière et les effets font constamment évoluer sa peinture. Il se laisse guider par ses émotions et le plaisir de peindre.
Sa pratique de l'aérosol apporte une touche street à ses œuvres, mais l'absence de lettrage et l'abstraction du rendu les classent plutôt dans un courant dénommé post-graffiti. Les influences sont nombreuses. Ses toiles sont à la peinture ce que le scratch est à la musique. Une façon de composer graphiquement son univers en mixant les effets, les formes et les couleurs.
Post-Ex-Dis-Sub
Stéphane Magnier .